Accueil coursalpha.fr  
Accueil Qu'est-ce qu'Alpha ? Organiser ou lancer un parcours
   Ajouter cette page ‡ vos favoris    Plan du site    Cours alpha en France       
Les cours Alpha dans le monde
Trouver un cours
 
 Accueil > Actualités > Zoom 
 Alpha est un sas pour les gens qui sont au seuil de l’église 

Par le Père Patrice Eon, 47 ans, curé de N-D. de Bon-Port à Nantes et vicaire épiscopal pour la pastorale des jeunes.

AlphaNews : Comment avez-vous connu le cours Alpha ?

Père Patrice Eon : A part quelques articles lus ici et là, je n’en savais pas grand-chose et j’avais quelques préventions à l’encontre de ce que je percevais comme une sorte de technique artificielle d’évangélisation dans le style des réunions Tupperware. Je doutais de sa profondeur spirituelle et théologique. J’avais également l’impression que ces rencontres étaient sans lendemain. Mais le jour où une paroissienne, Catherine Laurent, est venue me voir pour me proposer de lancer un cours dans notre paroisse, je lui ai répondu favorablement.

Pourquoi avez-vous accepté ?

Je venais d’être nommé curé à Notre-Dame de Bon-Port et je m’interrogeais sur la dimension missionnaire de la paroisse. J’avais la conviction que si nous continuions simplement à gérer l’organisation quotidienne de notre communauté, qui était vivante et dynamique, nous finirions, à terme, par nous dessécher et aboutir à une impasse. Comment notre église pouvait-elle s’adresser à celles et ceux qui n’osent pas en franchir le seuil, soit parce que personne ne les y a invités, soit parce qu’ils ont des appréhensions. Pour employer une formule, je sentais qu’il ne fallait pas mettre "les œuvres" avant "la grâce".

Que voulez-vous dire ?

Comme prêtre, j’avais été très frappé par une conférence qu’avait donnée le cardinal Danneels, archevêque de Bruxelles (Belgique) en 1997 à Lourdes, à l’occasion d’une retraite proposée aux équipes diocésaines des Vocations. Il cherchait à interpréter le sens spirituel de ce que vit l’Eglise catholique en France. Pour lui – je résume sa pensée – Dieu emmène son Eglise au désert, en exil, pour qu’elle ne compte plus sur ses propres forces mais seulement sur les Siennes. Nous voulons agir pour Dieu, mais agissons-nous par lui et avec lui ? Ne sommes-nous pas tentés d’oeuvrer comme si nous pouvions nous passer de Dieu ? Est-ce que, pour construire l’Eglise, nous ne comptons pas trop sur nos seules forces, notre créativité, notre prestige, nos moyens financiers, nos moyens en personnel ? Aujourd’hui, nous apprenons lentement et péniblement que nous n’en sommes pas du tout capables. Nous apprenons, progressivement et durement, à vivre dans la dépendance, en renonçant au mythe de l’autosuffisance spirituelle et ecclésiastique. C’est salutaire, mais c’est dur.

Quelle attitude adopter ?

La situation que nous vivons aujourd’hui nous invite à nous tourner vers Dieu et à crier : "Seigneur, viens à notre aide !". C’est Lui qui va agir, et nous, nous allons travailler avec lui, en nous en remettant d’abord à l’action de l’Esprit Saint et en plaçant le Seigneur au cœur de nos vies. Eh bien, c’est cet esprit-là que j’ai perçu dans Alpha. Ce n’est pas une technique mais un moyen pour que les gens soient saisis, petit à petit, par la personne du Christ. J’ai perçu dans Alpha une très grande confiance accordée au travail de l’Esprit Saint. Cela se vérifie, par exemple, dans la manière d’organiser les petits groupes de discussion ; les animateurs ne sont pas d’abord chargés de répondre aux questions mais de faire en sorte que la parole circule librement, que chacun puisse dire ce qu’il a à dire. Autrement dit, on n’essaye pas de convaincre l’autre, mais on laisse l’Esprit faire croître la Parole en lui. Et le week-end sur le thème de l’Esprit Saint permet aux participants de faire une véritable expérience spirituelle.

Le parcours est implanté depuis trois ans à Notre-Dame de Bon-Port, quel bilan en tirez-vous ?

La situation de Notre-Dame de Bon Port est particulière. Jusqu’à présent, elle était la seule paroisse de Nantes à proposer le cours. Tous les participants ne sont donc pas des paroissiens mais viennent de toute la ville et de sa région. Environ 80 personnes ont été animateurs, dont peut-être une quarantaine de paroissiens. La majorité ont été marqués et renouvelés dans leur foi. Parmi les invités, certains ont été baptisés, d’autres confirmés… Ce que je trouve beau, c’est cet étonnant mélange d’âges, de milieux sociaux et de sensibilités ecclésiales. La fraternité passe par là. Alpha ne reste cependant qu’un des éléments de la pastorale de la paroisse, sa vitalité ne repose pas que sur cet outil.

Quel est donc l’apport spécifique d’Alpha ?

Alpha nous a sans doute permis d’être plus attentifs à l’aspect de l’annonce de l’Evangile. Pour la première session, nous avons invité les paroissiens à distribuer des invitations. Ils ont joué le jeu. Je me rappelle ce que me rapportait l’un d’eux. "J’ai donné une invitation à mon voisin, il n’est pas venu à Alpha mais, pour la première fois, nous avons longuement discuté de la foi." Alpha n’est pas la panacée mais c’est le moyen qui me manquait pour accueillir ceux qui sont loin de l’Eglise, qui n’accepteront pas de venir à la messe ou de rejoindre une équipe paroissiale classique. Enfin, en tant que prêtre, j’apprécie que des laïcs soient impliqués dans cette aventure. Ils ont mon soutien, mais ce sont eux qui portent concrètement le projet, forment les équipes, se chargent de l’organisation concrète des soirées...

Que proposez-vous aux gens qui ont suivi Alpha ?

Alpha est un sas pour accueillir les gens du seuil et leur permettre d’entrer dans l’Eglise. C’est son charisme propre, mais c’est aussi sa limite. Il nous faut ensuite aiguiller les invités vers d’autres propositions diocésaines et paroissiales, notamment vers des petits groupes où l’on va retrouver cette dimension de la convivialité et de la fraternité. Deux groupes appelés Barnabé se réunissent à domicile autour de la prière et de l’étude de l’évangile du dimanche. Un autre groupe, Ephata, propose un temps de louange, d’adoration, puis un échange autour du livre : "Entrer dans l’Evangile pour sortir de la violence". Cette année, nous allons par ailleurs mettre en place ce qui est expérimenté à la paroisse parisienne St-François de Sales : "Les veilleurs de proximité". Il s’agit de paroissiens qui prendront l’engagement durant un an de veiller sur leurs voisins, dans la prière et le service, sans prosélytisme. C’est une façon de "retisser un maillage au quotidien", comme nous y invitaient les évêques de France. L’annonce de l’Evangile passe en grande partie par la relation fraternelle.

Recueilli par G. D.



L'article vous a intéressé ? Pour être averti des prochaines parutions, inscrivez-vous à l'AlphaNewsletter, en haut à droite (c'est chaque mois dans votre boîte e-mail et c'est gratuit !)

 

Contact | Présenter Alpha | S’inscrire à une formation | Enregistrer un parcours | Espace presse | Plan du site | Mentions légales | RSS

© Cours Alpha France. Tous droits réservés.




Partenaires
  Actualités
Bouton Faire un don